Retour au blog

Le chauffage au bois: Une énergie écologique?

.. image

 

Le chauffage au  bois: Une énergie écologique?

La disparition des forêts primaires, la désertification en Afrique subsaharienne, la déforestation en général sont des catastrophes écologiques: pertes d’habitats uniques, réduction de la diversité animale et végétale et, vis-à-vis de l’effet de serre, disparition de puits de carbone capable de limiter l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère.
Alors pourquoi dire que brûler du bois est une alternative écologique à la consommation d’énergies fossiles ?

La réponse réside dans les adjectifs renouvelable et pérenne.
A condition que le bois brûlé soit remplacé par de nouvelles plantations, la consommation du bois est neutre du point de vue du cycle du dioxyde de carbone. La croissance des nouveaux arbres absorbe l’équivalent du CO2 libéré par la combustion. Pour peu que les cendres de combustion servent à enrichir des sols cultivés ou forestiers, on a alors réalisé un cycle quasi parfait, alimenté par l’énergie du soleil, et qui peut se renouveler presque à l’infini.
C’est pratiquement le cycle naturel des forêts au fil des temps géologiques, avec des feux périodiques qui les régénèrent à intervalles plus ou moins espacés.

Toute la différence réside donc dans le sort des zones dont provient le bois consommé.
Si elles deviennent des maquis, des prairies voire des déserts, le bilan écologique est négatif.
Si le bois provient de massifs forestiers entretenus, voire en croissance, comme c’est le cas en Europe occidentale, alors la consommation de bois est écologiquement neutre.
Elle est même au global extrêmement positive quand elle remplace l’utilisation d’énergies fossiles.

Combustible le plus utilisé dans nos campagnes il y a quelques dizaines d’années, à travers cheminées, poêles et cuisinières traditionnels, le bois a été progressivement remplacé par le pétrole, le gaz et l’électricité, qui ont apporté les premiers le chauffage sans contrainte.

Le bois de chauffage a évolué et changé de forme pour permettre la réalisation de poêles ou chaudières automatiques.
En copeaux ou granulés, le bois devient un combustible sans contrainte, toujours économique et écologique car renouvelable.
Il retrouve une place de choix parmi les énergies de chauffage chez nos voisins européens et se développe maintenant en Belgique.


Les pellets : une déclinaison moderne du chauffage au bois

Si le bois est peu à peu devenu très minoritaire dans nos modes de chauffage, ce n’est pas tant pour une question de coût que pour une question de facilité de mise en œuvre.
Sous sa forme classique de bûches, il n’autorise pas une automatisation poussée des installations de chauffage, de plus il nécessite d’être stocké longtemps pour sécher.
Même bien sec, son pouvoir calorifique reste plus faible que le volume équivalent de charbon ou de fioul, et il est donc plus encombrant et plus cher à transporter.
Enfin, sa manipulation est physiquement pénible et au moins quotidienne pour alimenter en continu une installation, ce qui constitue probablement un inconvénient rédhibitoire dans notre civilisation qui veut tout, vite et sans efforts!

Outre la bûche, le bois de chauffage est maintenant proposé sous d’autres formes qui éliminent un ou plusieurs des inconvénients cités ci-dessus: sciure, écorce, copeaux, plaquettes forestières ou industrielles, briquettes reconstituées.
Mais pour éliminer tous les défauts et s’afficher comme un combustible non polluant, aussi pratique et moins cher que le fioul et le gaz, c’est sous forme de granulé (pellet est le terme anglais utilisé internationalement) que le bois va reconquérir nos foyers.

Les pellets sont des granulés cylindriques de 6 ou 8 mm de diamètre et de 10 à 40 mm de longueur obtenus par compression de sciure et éventuellement de copeaux, sous produits de scieries ou de menuiseries parfois difficiles à valoriser.
Pour les pellets destinés aux particuliers, seuls les bois naturels sont mis à contribution, excluant ainsi la possibilité d’impuretés ou de pollutions qu’apporteraient des bois de rebus.

Les pellets ont une densité spécifique de l’ordre de 1.2 (ils coulent dans l’eau !). En quantité, ils ont une densité apparente de l’ordre de 0.65 (une tonne occupe un volume d’environ 1.5 m3).
Leur taille et leur régularité permet de les convoyer par des moyens mécaniques (vis sans fin) ou pneumatiques (camion souffleur, aspiration sous vide), ce qui permet de les transporter et de les livrer pratiquement comme du fioul domestique.
Cela permet également une alimentation en continu et réglable de la chaudière ce qui limite les interventions manuelles à l’évacuation des cendres, un nombre limité de fois par an.